Fabio

 
 

Pour moi, ça a été très difficile de m'assumer. Je me disais que je n'étais pas normal, que je devais me soigner et je me forçais à croire que j'aimais les filles. Jusqu'au jour où je n’ai plus réussi à garder ce secret. Cela m’a pris plusieurs mois pour y arriver, mais finalement, à 14 ans, j’ai annoncé mon homosexualité à mes amis. J'ai surtout réussi grâce a ma meilleure amie qui m’a toujours soutenu et je lui suis très reconnaissant. Les insultes, il y en a eu beaucoup et il y en aura toujours… mais si je peux vous donner un conseil: ignorez tout ce que les gens vous disent! Ceux qui vous jugent ne méritent pas qu'on s'intéresse à eux! Soyez forts! Aujourd'hui, tout le monde sait que je suis homosexuel et je le vis très bien. J'ai eu deux histoires d'amour qui n’ont pas toujours été faciles, mais, comme moi, ne perdez pas espoir! Nous sommes jeunes et nous avons tout le temps pour trouver la bonne personne!

 

Mon coming-out à mes parents : Estelle*

 

J’ai choisi d’en parler à mon père en premier pour plusieurs raisons. Je savais pertinemment qu’il était tolérant envers les homosexuels et que c’était une personne de confiance. Comme je travaille au même endroit que lui, j’ai choisi de lui en parler dans le local de pause. Évidemment, le moment venu, une certaine appréhension m’a envahi, surtout que je n’avais pas vraiment préparé ce que je voulais lui annoncer.  « Tu te souviens d’Axelle ? Je crois que je l’aime »: ce sont les seuls mots qui ont pu sortir de ma bouche. Je me suis senti libérée d’un immense poid sur mes épaules,  j’avais pu déverser tout ce que j’avais sur le cœur.

La réponse de mon père m’importait peu, j’étais bien en paix avec moi-même.
Mon père m’a dit quelque chose que peu de parents d’homosexuels répondent à leur enfant: «Tu sais, ta mère et moi nous sommes très ouverts, on t’a toujours dit que tu pouvais ramener qui tu veux à la maison. En plus, l’homosexualité n’est ni une maladie ni une tare ». Il m’a seulement reproché de ne pas lui en avoir parlé plus tôt. Le soir-même, dès que j’en ai eu la possibilité, j’ai mis ma mère au courant. Tout comme mon père, mon homosexualité ne lui a posé aucun problème.

 

Fabien*

 

Après la prise de conscience, l’étape suivante a été le coming out. Je l’ai annoncé à une première amie pour commencer, puis à un ami. Pendant un moment, seules ces deux personnes étaient au courant. J’avais plein d’autres amis sur qui compter, et je le savais. Certains m’ont demandé pourquoi je ne leur avais pas dit à eux en premier. Mais ce n’est pas une question de «je te l’ai dis en premier, donc tu es mon meilleur ami», il faut juste le sentir, avoir confiance en cette personne. Je tâtais le terrain auprès des autres, pour savoir l’effet que ça leur ferait, d’avoir un ami gay. Puis j’ai pu le dire à une troisième personne, puis à une quatrième... Grâce à ces amis, pour qui ca ne changeait rien, j’ai commençé à prendre confiance en moi, à le dire plus facilement, plus naturellement. Quelques temps plus tard, j’ai eu un deuxième déclic, et rapidement, j’ai mis tous mes amis au courant! Aujourd’hui, tout le monde ne le sait pas, mais ce n’est plus un problème. Mon coming out a été pour moi une libération, vraiment. 

 

Mathieu*

 

Après que mon coming-out à mes parents ne se soit pas déroulé aussi bien qu’espéré, j’ai téléphoné à mon frère aîné et suis allé le trouver le soir-même. Après des heures de discussion, j’étais calmé et j‘avais découvert la gentillesse de mon frère. J’ai dormi chez lui et suis rentré le jour d’après à la maison familiale. Je n’ai plus jamais discuté de cela avec ma mère. Elle m’a simplement imformé qu’elle allait mettre mon père au courant. Elle en est restée là. J’en suis resté là. Un jour, j’en suis conscient, il me faudra revenir sur le sujet. Néanmoins, il me faut encore du temps.

 

Mon coming-out à mes parents

Je pris la décision de leur parler, j’avais peur. En effet, mon père est plutôt conservateur et tenait souvent des propos homophobes à table ou lors de discussions familiales. Son opinion quant à l’homosexualité était claire et définie, ça ne lui plaisait pas du tout. Ma mère au contraire, ne s’était jamais ouvertement prononcée sur le sujet. Elle est pourtant relativement plus ouverte que mon père. J’imaginais donc que mon annonce ferait l’effet d’une bombe nucléaire dans la tête de mon père et plus simplement une grande nouvelle pour ma mère. J’ai pris la décision de leur parler assez rapidement, en effet, quelques heures avant la dite annonce. J’étais très stressée, je tremblais légèrement, je sentais comme des boulets à mes pieds. J’ai choisi un moment relativement heureux et où mon frère et mes deux parents étaient présents. J’avais prévenu mon frère avant. Tous rassemblés à table, je leur ai dit : « Je ne peux plus vous mentir, je préfère les filles. » Il est vrai que mon « coming-out » semble assez solennel, cependant, je ne m’attendais pas à un tel silence après mon annonce. Heureusement, mon frère a brisé celui-ci et une discussion s’est engagée entre mon père et moi. L’incompréhension tout d’abord, puis l’inquiétude, et enfin l’amour inconditionnel. Une réaction plus que surprenante de la part de mon père, j’étais incroyablement surprise en bien. Bien au contraire, ma mère n’a pas ouvert la bouche, et j’ai appris le lendemain qu’elle en avait pleuré. Après cette discussion, je me suis sentie libérée, sereine, et libre de vivre ma vie comme je l’entendais. Cependant, la réaction de ma mère me laisse légèrement perplexe. Quoiqu’il en soit, le sujet ne fut pas rouvert pendant quelques temps. Les cœurs sont apaisés et depuis mon orientation est bien acceptée.

Julie*

« Tu es, avec une femme, tu te sens entière et tu es heureuse. Tu es heureuse ! ». C’est avec ces mots dans ma tête que j’étais prêt à faire mon coming-out à mon père. Peu importe sa réaction, je me décidais à le lui dire. Chose dite, chose faite et fis de même avec ma mère. Je crois que ce qu’ils ont mal vécu, c’est le fait de se dire qu’en fait, ils ne connaissaient pas leur fille. Il y a une semaine durant laquelle je suis allée vivre chez ma tante, pour leur laisser du temps et peu à peu, bien qu’avec difficultés, ils « acceptèrent ». Il ne m’ont jamais interdit quoi que soit en lien avec mon homosexualité. Je n’ai eu aucun problème avec mes amis et en ce qui concerne le reste de ma famille, qui a été informée par mes parents : ceux qui l’acceptèrent m’en parle, les autres se taisent. Aujourd’hui, exactement un an après, bien qu’ils souhaiteraient autre chose car selon eux «  ce serait plus simple », ils m’aiment toujours autant et nous commençons à en parler plus librement. Je suis heureuse, je me sens pas différente, je me sens moi-même.

 

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