Emma* 20 ans

 

Quand j’avais 15 ans, mon frère a fait son coming-out.  Nous étions à table, mes parents, mon frère et moi. C’était à la fin d’une soirée en famille où nous avions beaucoup rigolé. Mon frère nous a demandé si le weekend prochain, il pouvait inviter la personne dont il était amoureux, mes parents réjouis par la nouvelle lui ont dit oui avec plaisir, il en a profité pour rajouter qu’il s’agissait d’un garçon, qu’il était gay. Un silence s’est installé quelques instants, puis je lui ai demandé si ce garçon avait un frère hétéro, nous avons tous rigolé et cela a permis de détendre l’atmosphère. Mon frère savait que cela allait relativement bien se passer car notre famille est une famille ouverte où nous pouvons parler de tout. Bien sûr, nos parents lui ont posé des questions, ils avaient besoin d’être rassuré.
Le weekend suivant, nous avons eu une nouvelle personne à la table familiale, et nous l’avons tous beaucoup apprécié. Peut-être que c’est cela la meilleure façon de faire un coming-out, dire qu’on est amoureux. 

 

 

Fabienne

 

Surprise, stupeur, silence, c’est avec ces trois mots que je peux résumer ma réaction lorsque mon fils de 16ans est venu près de moi en me disant qu’il devait me parler. « Je suis gay », en trois mots, toutes sortes d’idées que j’avais imprimées dans mon esprit venaient de disparaître, j’étais désamparée. Je me suis ressaisie, mon enfant était là, il avait vraisemblablement besoin de moi et il me faisait confiance. J’avais peur qu’il aie changé sans que je m’en rende compte, j’avais peur qu’il ne soit pas accepté et qu’il en souffre. Nous avons beaucoup parlé ce jour là, je l’ai écouté, et je me suis aperçue que la seule chose qui risquait de changer, c’était la façon dont je le considérais, avec amour et fiérté, avant mais toujours autant après cette nouvelle, et que donc rien n’allait changer. J’étais heureuse d’apprendre qu’il se sentait libéré et serein maintenant que je connaissais cette partie de lui. Au final, j’étais surtout heureuse que notre lien de confiance lui ait permis de m’en parler. C’était il y a deux ans, et mon fils est amoureux, il est heureux et c’est la seule chose qui compte à mes yeux. 

 

 

Dominique*

 

"Je n'avais jamais pensé, mais alors pas une seule seconde que ma fille pouvait être homosexuelle. Le jour où elle a utilisé un prétexte pour aborder le thème de l'homosexualité, elle me parlait d'une amie qui était tombée amoureuse d'une fille et je me suis finalement méfiée. Elle tournait tellement autour du pot que j'ai fini par lui demander: " Cette copine, ne serait-ce pas toi? " J'étais à mille lieues d'imaginer qu'elle allait me répondre: "Oui, c'est de moi qu'il s'agit." Alors là, je crois que pendant cinq minutes, je n'ai plus su quoi dire..."

Tiré de l'ouvrage: Adolescents homosexuels, Elisabeth Thorens-Gaud, éd. Favre 2009

 

 

Envie de témoigner?